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Focus PREBAT 2 : bilan du projet « 1001 légumes »

Pascal SEJOURNE (Atelier d’architecture Pascal SEJOURNE) est intervenu dans la rénovation du Pôle Environnemental Solidaire de Beaumesnil de l'association "1001 légumes" en tant qu’architecte. Il aborde avec nous les premiers mois de fonctionnement de ce bâtiment lauréat PREBAT 2. L'occasion de faire le point sur la spécificité du bâtiment, sa verrière bioclimatique, ainsi que sur les économies d’énergie qu’elle permet.

Principe de fonctionnement général d’une masse thermique (Crédit : Francis LE BRIS / Habitat naturel)

 

M. SEJOURNE, quelles sont les conclusions tirées des premières campagnes de suivi l'été dernier sur la verrière bioclimatique?

PS : 40 capteurs ont suivi l’évolution d'une période d’occupation et d'inoccupation durant l’été 2015. Ceux-ci ont démontrés une forte corrélation entre les températures extérieure et intérieure de la verrière.
Lors de la période d’inoccupation : une très bonne stabilité des températures intérieures a été ressentie. Le gîte dispose d’une grande inertie, ce qui permet un lissage des températures intérieures. Malgré le risque initial, on constate que les températures ressenties dans la verrière répondent aux variations de la température extérieure avec un décalage de 5°C à 10°C. La température dans la verrière reste tout de même élevée et celle dans le mur sud suit ces variations de manière beaucoup plus lisse.
Lors de la période d’occupation : pendant que la température de la verrière continue de suivre les variations de la température extérieure (celle-ci reste élevée atteignant ainsi des pics de 38°C), la température des pièces reste relativement stable (entre 25 et 28°c) sauf quand il semble y avoir une action de ventilation nocturne, ce qui permet de faire chuter la température de la pièce de 5 à 10°C notamment grâce à la ventilation à double flux. Quant à la température du mur sud, elle suit ces variations et transmet de la chaleur au séjour et aux chambres.
 
Qu’est-ce-qui limite la hausse des températures ?

PS : Les maçonneries générales sont épaisses entre la verrière, l’espace habité et l’extérieur, ce qui limite les radiations directes à l’intérieur de l’espace habité. De ce fait, le tampon du mur et de la masse thermique permettent d'étaler les apports calorifiques.

Quel est le comportement de la maison durant les périodes les plus fraiches ?

PS : La masse thermique diffuse un fond de température intéressant jusqu'à la fin de l’automne puis les ressources s’épuisant, les méthodes de chauffage conventionnelles se remettent en marche. Une attention particulière doit être apportée afin qu’il n'y ait pas de déperdition de chaleur trop importante car les méthodes de chauffage restent modestes. Celles-ci représentent 9 kW pour 200 m² de surface et ne permettent donc pas de remonter les températures trop rapidement lorsqu'il fait plus froid. Ceci est d'autant plus important pendant la période d'inoccupation en semaine comparé aux weekends où il y a plus de passage, si les températures tombaient à 10 °C à l’intérieur, le chauffage remis à pleine puissance ne réchauffe que de 1 à 2 °C par jour.

 

 

 Quel est l’apport énergétique de la verrière pendant l’année et de cette rénovation dans sa globalité ?

PS : L'apport énergétique de la verrière se ressent plus en été ainsi qu’en automne. Pendant la saison d'hiver, celle-ci dépend grandement de la présence du soleil. Cependant, comme annoncé avant le début des travaux, les besoins en chauffage sont allégés en hiver de 25% environ, grâce à l’installation de cette verrière. Il s’agit d’un apport non négligeable. En termes de pertes thermiques, mis à part des faiblesses difficiles à traiter sur le plancher bas, nous avons constaté une grande efficacité sur toute la partie supérieure du bâtiment (maçonneries, couverture et charpente). La consommation énergétique constatée et l’étanchéité à l'air sont comparables à celle d'une construction BBC neuve. Sachant qu’il s'agit là d'un bâtiment ancien (XIXème siècle), ce niveau de performance est donc positif.

Y a-t-il des axes d’amélioration ? Éventuellement sur d’autres spécificités du bâtiment ?

PS : On pourrait ouvrir de temps à autre la serre pour que la température dans celle-ci soit beaucoup plus proche de la température extérieure. Cela permettrait de diminuer la température du mur sud qui devient une paroi de transfert de chaleur et de rayonnement durant les journées chaudes dans les conditions d'utilisation actuelles. Par ailleurs, l’efficacité des capteurs solaires thermiques pour la production d'eau chaude est décevante. En comparaison à l’énergie incidente, sa récupération reste trop faible et son rendement peut encore être amélioré.

Quel est le retour d’expérience des occupants sur le confort thermique ?

PS : Depuis la livraison, les usagers apprécient particulièrement l'uniformité du confort thermique qui leur semble très homogène et agréable. Les retours d’expérience sont donc très encourageants.

 

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