Accueil > Ressources > Comptes-rendus > Étanchéité à l'air en rénovation : quels enjeux ?
Réduire la police Augmenter la police Imprimer la page

Étanchéité à l'air en rénovation : quels enjeux ?

L’ADEME Haute-Normandie a organisé le 22 septembre dernier, au CEREF-BTP à Bourgtheroulde,  une journée technique consacrée à l’étanchéité à l’air en rénovation, qui a réuni près de 90 personnes.

Cette journée a débuté par une présentation de Valérie LOPES, Architecte au CAUE 76, qui a rappelé les bases théoriques de l’étanchéité à l’air en répondant à la question « pourquoi prendre en compte l’étanchéité à l’air lors de travaux de rénovation ? ». Sa réponse : pour réduire la facture d’énergie et pour améliorer le confort aussi bien thermique qu’acoustique. Les stratégies de rénovation doivent être adaptées au type de bâti : on ne prend pas en compte l’étanchéité à l’air de la même façon dans un bâtiment ancien ou dans un bâtiment contemporain. Dans les bâtiments de conception traditionnelle, sans fondations étanches, on laisse circuler la vapeur d’eau dans les parois, par ailleurs étanches à l’eau de pluie ; il s’agit de parois perspirantes. Il est tout de même nécessaire de traiter l’étanchéité à l’air dans ces bâtiments anciens car les défauts d’étanchéité peuvent représenter 30 à 40% des déperditions dans ce type de bâti. Quant à lui, un bâtiment contemporain est parfaitement étanche à l’eau et à la vapeur d’eau,  ce qui nécessite de concevoir un système de ventilation mécanisé de qualité.

Une attention particulière doit dont être apportée au choix des techniques de rénovation. En particulier, de mauvais choix de matériaux d’isolation génèrent différents risques :

  • Humidité et dégradation de la paroi pouvant induire des pathologies comme la mérule ;
  • Dégradation de la Qualité de l’Air Intérieur ;
  • Dégradation du confort thermique, acoustique, d’été et du comportement au feu ;
  • Dégradation de l’esthétique.

Valérie LOPES concluait son intervention en rappelant 3 grands principes à appliquer pour la mise en œuvre conjointe de systèmes d’isolation, ventilation et étanchéité à l’air : Bon Sens, Diagnostic et Approche Globale.

Etanchéité à l’air et ventilation

La journée s’est poursuivie par une présentation de Christian BARBIER, d’ALDES, qui a fait le lien entre étanchéité à l’air et ventilation. L’effort de rénovation à l’œuvre aujourd’hui qui vise à rénover 500 000 logements / an induit la création de bâtiments de plus en plus étanches dans lesquels la ventilation naturelle n’est plus opérante. La sous-ventilation souvent constatée dans les bâtiments a de lourdes conséquences à la fois en matière de dégradation du bâtiment que de santé publique. Les coûts induits par ces pathologies sont également très élevés. Il s’agit donc d’être particulièrement vigilant à la mise en œuvre d’une ventilation performante en complément d’une bonne étanchéité à l’air du bâtiment en soignant la phase de conception et en respectant 3 principes de bases :

  • Ventiler des pièces de vie vers les pièces techniques ;
  • Ventiler en respectant des débits minimum ;
  • Ventiler 24h/24.

Aujourd’hui, la mise en œuvre de systèmes de ventilation est fortement encouragée par la Réglementation Thermique des bâtiments existants qui impose l’installation d’entrées d’air en cas de remplacement de fenêtres ou porte-fenêtres. Christian BARBIER a résumé son propos dans la phrase suivante : « Toute rénovation portant sur l’enveloppe du bâti doit être accompagnée a minima d’une solution d’amélioration ou de création de ventilation ».

Etanchéité à l’air et organisation du chantier

Ensuite, Eric LION, formateur Charpente et Menuiseries au CEREF BTP, a rappelé que, sur un chantier, tous les corps d’état sont concernés par la réalisation de l’étanchéité à l’air. L’organisation du planning de chantier est donc primordiale pour réussir l’étanchéité à l’air en veillant à l’ordre d’intervention des entreprises. Lors des travaux, les entreprises doivent attacher une importance particulière au traitement des points singuliers : jonctions de parois, réseaux, traversées d’enveloppe, menuiseries extérieures. L’étanchéité à l’air requiert une vraie démarche qualité qui passe notamment par la réalisation de carnets de dessin de détails définissant la responsabilité de chaque corps d’état. Ce type de méthode souvent appliqué en construction neuve doit aussi être déployé en rénovation.

Le programme Renov’Act

Nathalie BARNOIN de l’AJENA a présenté le programme Renov’Act qui est un programme d’expertise et d’aide à la décision pour la réhabilitation basse consommation des logements en Franche Comté. Ce projet s’est basé sur l’analyse de projets de rénovation BBC subventionnés par la Région Franche Comté dans le cadre du programme Effilogis.  Un des principaux enseignements de cette étude a été de montrer que, dans la plupart des cas, on ne peut pas atteindre le niveau BBC-rénovation en ne jouant que sur la performance de l’enveloppe ; il faut aussi prévoir des travaux sur les systèmes techniques et notamment sur la ventilation. Madame BARNOIN a ainsi remis en cause une idée reçue en démontrant que le traitement de l’étanchéité à l’air ne suffit pas à obtenir un faible niveau de consommation : les projets étudiés ayant les meilleurs résultats en termes d’étanchéité à l’air ne sont pas nécessairement ceux qui consomment le moins ! Cette intervention s’est conclue par une présentation détaillée de 2 projets, mettant en valeur la nécessité de relativiser l’influence de l’étanchéité à l’air sur la consommation d’énergie et la corrélation avec le niveau d’isolation et de performance des équipements.

Enfin, la journée s’est conclue par une visite de maquettes réalisées par les formateurs du CEREF-BTP permettant de faire un focus sur la mise en œuvre de l’étanchéité à l’air et mettant en exergue l’importance du choix des produits et des adhésifs.